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Le tai chi chuan et ses origines taoïstes

Les qualités du tai chi chuan (taijiquan) en matière d'amélioration de la santé reposent sur les traditions de la religion taoïste. Pendant près de deux millénaires, les diverses sectes taoïstes ont élaboré et perfectionné des exercices de santé qui faisaient partie de leur pratique religieuse. Souvent désignés sous le nom de daoyin, ces exercices comprenaient des objectifs d'amélioration de la santé et des mouvements semblables à ceux du tai chi et ils ont été considérés par beaucoup comme une partie essentielle de la pratique taoïste. Cette association entre la culture spirituelle et l'exercice physique peut sembler étonnante mais, traditionnellement en Chine, les domaines spirituels et physiques n'étaient pas considérés comme des entités séparées. C'est pourquoi, dans le taoïsme, l'entraînement du corps était souvent vu comme une partie essentielle du développement spirituel de l'individu.

On associe généralement le nom de Zhang Sanfeng, un sage taoïste de la dynastie Sung (960 à 1279 apr. J.-C.), à la création de l'enchaînement de mouvements désigné sous le nom de tai chi (taiji) ou tai chi chuan (taijiquan). Les écrits attribués à Zhang Sanfeng se retrouvent dans le canon taoïste, un ensemble de textes qui forme le corpus principal de la littérature taoïste. L'intention primordiale de ces écrits est de décrire le processus par lequel celui qui pratique retrouve l'état de santé qui caractérisait son corps, sa tête et son esprit au tout début de son existence.

Zhang Sanfeng était membre de la secte taoïste Wudang, celle-ci rattachée à l'un des grands courants du taoïsme reconnu comme l'école de Neidan ou l'école de l'alchimie interne. Cette école préconise le retour à l'origine, ce qui signifie retrouver une santé de l'esprit menant à l'harmonie avec le Tao, ce dernier étant perçu comme la source de toute l'existence. En même temps, le retour à l'origine signifie retrouver un corps en parfaite santé, soit tel qu'on peut le voir dans la physiologie d'un jeune enfant. Ce double processus est aussi désigné comme « cultiver la nature originelle et cultiver la vie ».

Tel que conçu à l'origine, le tai chi était un outil pour retourner aux origines. Aujourd'hui, bien que la plupart des styles de tai chi ne soient pas des formes de pratique taoïste, ils doivent tous leurs origines à cette tradition religieuse chinoise.

La transmission laïque du tai chi

La plupart des styles de tai chi pratiqués aujourd'hui sont des styles issus de traditions familiales qui ne sont pas directement rattachés à un entraînement taoïste, bien que l'on puisse en trouver des vestiges dans certaines théories et dans la terminologie employée. On n'a aucune trace écrite de la façon dont, à l'origine, le tai chi en est venu à être pratiqué à l'extérieur de la communauté monastique.

Il est généralement admis que la famille Chen de la province de Henan a maintenu la pratique du tai chi à l'intérieur de son clan pendant plusieurs générations avant de l'enseigner à Yang Luchan (1799-1872). Ce dernier a par la suite déménagé à Beijing et il est devenu l'instructeur principal d'arts martiaux de l'armée impériale de la dynastie Qing. C'est à partir de cette époque que le tai chi s'est répandu comme un art martial et qu'il s'est subdivisé en une variété de styles qui se sont alors identifiés par le nom des familles qui les a enseignés; c'est ainsi que l'on retrouve le style Chen, le style Yang, le style de Sun, le style Wu et plusieurs autres encore.

Depuis ses tout débuts, la transmission laïque du tai chi a orienté son utilisation des principes du tai chi pour à des fins martiales bien qu'elle recherchait en même temps dans sa pratique les bénéfices pour la santé. Cette transmission n'a cependant maintenu qu'un lien ténu avec les dimensions plus spirituelles ou religieuses de l'entraînement taoïste. Plus récemment, les bénéfices du tai chi pour la santé ont davantage attiré l'attention mais, il demeure que les buts qui sous-tendent la pratique de ces différents styles restent généralement centrés sur les applications martiales du tai chi.

Le développement du tai chi chuan dans la Société internationale de tai chi taoïste

Le tai chi chuan de la Société internationale de tai chi taoïste est l'aboutissement de la quête de toute une vie menée par Maître Moy pour sauvegarder, rétablir et passer aux générations futures les techniques taoïstes pour « cultiver la nature originelle et cultiver la vie ».

Quand Maître Moy Lin-shin est venu au Canada en 1970, il a apporté avec lui de la Chine un trésor, celui des arts de guérison taoïstes. Par la suite, le but auquel il a consacré toute sa vie a été précisément de rendre ces arts accessibles à tous. Pour transmettre son savoir au plus grand nombre de gens possible, Maître Moy avait besoin d'un véhicule accessible aux gens vivant à l'extérieur d'un environnement monastique. C'est ainsi qu'il a choisi le tai chi pour servir à la fois de véhicule et de principale méthode d'entraînement.

Le tai chi chuan, selon les arts internes Tai chi taoïsteMC, a été cré par Maître Moy à partir de la forme externe des 108 mouvements du style Yang de tai chi. Cependant, la structure théorique ainsi que le but et les méthodes d'entraînement sont très distincts du style Yang de tai chi, car Maître Moy a intégré dans le tai chi chuan de la Société l'essence des techniques de la culture taoïste qu'il avait lui-même apprise de ses différents enseignants, à partir de sa jeune adolescence dans un temple taoïste de la ville de Guangzhou.

Le résultat en a vraiment été une oeuvre remarquable pour ramener le tai chi à son but originel, à savoir à la fois un moyen de cultiver sa santé mentale et physique et une expression concrète du taoïsme. Alléger la souffrance est un thème fondamental de la spiritualité taoïste. En faisant la promotion de l'amélioration de la santé par la pratique des arts qu'il a développés avec le tai chi chuan, Maître Moy a cherché à en rendre les bénéfices pour la santé accessibles à tout le monde.

Les arts internes de santé Tai chi taoïsteMC sont enseignés maintenant dans près de 500 localités, et ce, dans plus de 26 pays. La croissance rapide du nombre d'adeptes de tai chi depuis 1970 ne peut s'expliquer que par les qualités personnelles de Maître Moy comme enseignant et par l'inspiration qu'il a su insuffler à ses étudiants qui continuent encore maintenant à retransmettre ses enseignements.

Les autres arts internes Tai chi taoïsteMC

Maître Moy a non seulement adapté la forme du tai chi chuan, mais il a aussi regroupé une gamme d'autres arts internes dans un programme intégré d'enseignements que nous désignons maintenant comme « les méthodes et les arts internes Tai chi taoïsteMC ». Ces autres arts internes comprennent le Lok Hup Ba Fa (liuhebafa) qui date du 10e siècle ainsi que le Hsing I (xingyi quan), les formes de l'épée et du sabre, le Chi Kung (qigong), la méditation, le chant psalmodié (chanting) et les cérémonies taoïstes. Tout comme le tai chi chuan, ces arts sont profondément enracinés dans la tradition spirituelle du taoïsme.

Le terme « méthodes » réfère aux façons de s'entraîner à ces arts et de cultiver les vertus (dans le sens taoïste du terme) dans un esprit d'altruisme, de compassion et de service aux autres. Ce terme inclut également les méthodes d'organisation et de gestion de la Société internationale de tai chi taoïste et de ses associations affiliées, méthodes qui sont vues comme une extension de cet entraînement. De telles façons de faire dans la Société ont aidé à établir un environnement favorable pour apprendre et pour aider les autres. En établissant la Société comme une organisation caritative à but non lucratif et basée sur le bénévolat. Maître Moy a construit un véhicule organisationnel voué à l'entraînement des membres et à la transmission de ces arts internes aux générations futures.

Dans le but de développer les autres aspects de l'entraînement taoïste comme la méditation, le chant psalmodié (chanting), les cérémonies taoïstes et l'étude de textes taoïstes, Maître Moy a aussi fondé l'Institut de taoïsme Fung Loy Kok, une organisation membre de la Société internationale de tai chi taoïste. Finalement, Maître Moy a créé l'Académie de Lok Hup Gei Pang en l'honneur de son professeur de Lok Hup Maître Liang Tzu-pang.

Les principes de l'enseignement et de la pratique

Notre fondateur, Maître Moy, a fait de la promotion de la santé dans toutes ses dimensions le but principal des arts internes Tai chi taoïsteMC, et cela demeure l'objectif de la Société internationale de tai chi taoïste, près de 40 ans après sa fondation.

Même avant la première incorporation de la Société de tai chi taoïste, Maître Moy avait établi les paramètres des principes fondamentaux de l'enseignement et de la pratique de la méthode et des arts internes Tai chi taoïsteMC à tous ses étudiants. Ces paramètres, qui sont encore suivis aujourd'hui, se définissent comme suit :

  • La méthode et les arts internes Tai chi taoïsteMC ne doivent pas être pratiqués comme une technique d'art martial ou dans un esprit compétitif, mais plutôt comme un moyen de prendre soin de sa santé;
  • La personne doit d'abord travailler à améliorer sa propre santé et à comprendre les subtilités de ces arts avant de tenter de les employer pour aider les autres;
  • Les étudiants doivent partager leurs connaissances de manière bénévole, non pour des bénéfices personnels, et ils doivent chercher à aider les autres à améliorer leur santé;
  • Les étudiants doivent « développer » une attitude de compassion et de service aux autres.

On ne permettra pas à une personne qui n'adhère pas à ces principes de devenir ou de demeurer un instructeur accrédité de la Société internationale de tai chi taoïste ou de ses associations affiliées.


Copyright © Société internationale de tai chi taoïste
Adaptation française, octobre 2009
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